David Dobkin était surtout connu pour des comédies comme Serial noceurs, , Frère Noël ou Échange standard. Avec Le Juge , il change de registre et mise sur un drame familial au casting prestigieux, avec le procès d’un juge en toile de fond.
C’est un film relativement posé, très conscient d’avoir face à face deux immenses acteurs. Robert Duvall et Robert Downey Jr. parviennent à rendre intéressant un matériau assez conventionnel.
Et oui, ce duel d’acteurs suffit à soutenir plus de deux heures de clichés de films de procès, même si un montage plus resserré, débarrassé de certaines sous-intrigues, aurait probablement mieux fonctionné.
Malgré sa durée excessive, le film se regarde plutôt bien grâce à ces deux monstres sacrés.

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L’intrigue du Juge
Hank Palmer (Robert Downey Jr.) est un avocat à succès qui retourne dans sa ville natale après la mort de sa mère. Il y retrouve ses frères et surtout son père, Joseph Palmer (Robert Duvall), un juge avec lequel il entretient une relation exécrable. Pour le dire gentiment.
Peu après, le juge est accusé d’avoir renversé un homme et Hank, évidemment, malgré les réticences de son père, finit par assurer sa défense.
L’affaire oblige le père et le fils à cohabiter et à affronter d’anciens problèmes et rancœurs qu’ils évitent depuis des années.
Le meilleur du Juge
Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu’il y aura ici un large consensus.
Robert Duvall
Robert Duvall est tout simplement magnifique. Il empêche son personnage de se réduire au cliché du père autoritaire, fier et fermé, et lui apporte bien plus de profondeur. Et d’humanité.
Le juge est dur et très exigeant avec ses fils. En même temps, la maladie révèle son déclin physique et une vulnérabilité qu’il tente de cacher.
Duvall conserve son autorité même lorsqu’il a besoin d’aide et parvient à faire comprendre le personnage sans justifier tout ce qu’il a fait.
On le regarde, dialogue après dialogue, geste après geste, et l’on croit au personnage et à ses actes, même si la plupart d’entre nous ne prendraient pas les mêmes décisions.

Le duel entre Robert Duvall et Robert Downey Jr.
Robert Downey Jr., sans atteindre les sommets de son partenaire, est lui aussi très bon. Il faut dire qu’il joue un personnage qui lui est très familier : intelligent, rapide et arrogant.
Duvall évolue dans le registre opposé, avec des silences, des regards et une autorité plus sèche.
Le contraste fait que leurs scènes ensemble sont les meilleures du film..
Leurs disputes ont plus de force que le procès, car derrière chaque phrase se cachent des années de ressentiment et un besoin d’approbation.
Il est curieux que, dans un film sur un procès, le drame familial soit ce qui s’en sort le mieux, mais c’est grâce à la tension dégagée par ces deux acteurs hors pair.
La relation entre le père et le fils
Dans le prolongement de ce qui précède, c’est ce point qui soutient réellement le film..
La relation entre Hank et son père est clairement établie et se développe peu à peu. Leur hostilité ne vient pas d’un seul malentendu, mais d’années de fierté, de punitions, d’attentes et de ressentiment.
Le film explique pourquoi Hank est parti, pourquoi le juge a agi ainsi et comment ce conflit a également marqué les frères.
C’est bien raconté, puissant et crédible. C’est, sans aucun doute, ce que le scénario réussit le mieux.
Les seconds rôles
Billy Bob Thornton fait partie de ces acteurs qui remplissent l’écran sans avoir besoin de parler. Un regard suffit pour comprendre ce qu’il pense, et il est parfait ici en avocat de la partie adverse.
Vincent D’Onofrio —qui, pour moi, restera toujours le Kingpin de la série Marvel Daredevil— et Jeremy Strong —qu’il est, une fois encore, difficile d’imaginer ailleurs que dans Succession — apportent du poids dans les rôles des frères de Hank et montrent que les décisions du père ont affecté toute la famille.
Leur relation est claire et renforce cette ligne narrative familiale.
Vera Farmiga est également convaincante, même si son intrigue romantique est prévisible, ce qui tient davantage au scénario qu’à l’actrice.

Quelques moments qui sortent de l’ordinaire
Pour un film qui emprunte presque toujours des chemins connus, il possède deux scènes qui brisent cette prévisibilité.
L’une évoque la possibilité d’un inceste (léger). L’autre montre le juge perdre le contrôle de ses sphincters tandis que son fils doit l’aider.
La première est étrange. La seconde montre le père totalement vulnérable et modifie un instant la relation entre eux.
Ces deux détails sortent des sentiers battus et laissent penser que le film aurait peut-être été plus singulier s’il avait continué dans cette direction.
Le pire du Juge
Tu t’en doutes probablement déjà après ce que je viens de dire, mais soulignons ce qui m’a le moins plu.
Il est bourré de clichés
Voyons cela :
- Le fils qui a réussi et revient au pays.
- Le père autoritaire.
- Les frères relégués au second plan et marqués par le passé.
- Un ancien amour.
- La famille réunie par un décès.
- La maladie utilisée pour rapprocher les personnages.
- Un avocat plus malin que tous les autres. Autrement dit…
- …Robert Downey Jr. jouant Robert Downey Jr.
Le Juge utilise presque tous les clichés habituels du drame familial et des films d’avocats aux protagonistes charismatiques.
On sait où cela va aller presque tout le temps.
Il est trop long
Ce ne serait pas un problème si le film était plus conscient de ce qu’il est : un divertissement simple.
Mais non. Il dure 141 minutes et aurait clairement pu raconter la même chose —ou le plus intéressant— en beaucoup moins de temps..
Le film ne devient jamais ennuyeux, mais accumule trop de sous-intrigues qui apportent peu : l’ancienne romance, les problèmes conjugaux de Hank, sa relation avec sa fille, l’avocat adjoint, les conflits entre les frères, plusieurs parties peu utiles du procès et une fin étirée.
Avec vingt ou trente minutes de moins, le rythme aurait été meilleur.
La fin est trop manipulatrice
La dernière partie cherche à émouvoir de façon beaucoup trop évidente.
Le film avait déjà bien construit la relation entre le père et le fils ; il n’avait donc pas besoin d’insister autant ni de signaler si clairement ce que le spectateur devait ressentir.
Les moments les plus émouvants sont les plus inconfortables et les plus simples, comme la scène de la salle de bains.
Je ne pense pas que cette fin si prolongée aide le film.
Verdict : faut-il voir Le Juge ?
Le Juge est trop long, très convenu et se termine de manière trop manipulatrice. Malgré cela, il reste divertissant grâce à un casting qui élève largement un scénario assez banal.
Robert Duvall est formidable, Robert Downey Jr. fonctionne très bien à ses côtés et les seconds rôles maintiennent l’intérêt même lorsque l’histoire devient tellement prévisible.
Le meilleur reste le drame familial : la relation père-fils, développée avec patience et qui rend leur conflit compréhensible. Le procès est secondaire ici ; mieux vaut donc savoir d’avance à quoi s’attendre.
Ce n’est pas un film original, mais son casting le rend bien plus agréable à regarder qu’il ne devrait l’être.
Fiche technique du Juge
| Élément | Informations |
| Titre | Le Juge |
| Titre original | The Judge |
| Année | 2014 |
| Durée | 141 minutes |
| Réalisateur | David Dobkin |
| Distribution principale | Robert Downey Jr., Robert Duvall, Vera Farmiga, Vincent D’Onofrio, Jeremy Strong et Billy Bob Thornton |
| Genre | Drame familial et judiciaire |
| Pays | États-Unis |
| Disponible en Espagne | Amazon Prime Video, sous réserve de changements de catalogue |
| Spoilers dans cette critique | Le dénouement n’est pas révélé |
Note
Pour qui
✔️ Pour les amateurs de drames familiaux.✔️ Pour ceux qui veulent voir un grand duel d’acteurs entre Robert Duvall et Robert Downey Jr.
✔️ Pour les amateurs de films judiciaires classiques, même si le procès n’est pas l’essentiel.
Pour qui ce n’est pas
❌ Pour ceux qui cherchent un pur film de procès. C’est autre chose.❌ Pour ceux qui attendent un thriller judiciaire plein de rebondissements.
Questions fréquentes
Faut-il voir Le Juge ?
Oui, principalement pour Robert Duvall, Robert Downey Jr. et le reste du casting. Le film est long, prévisible et trop manipulateur dans sa dernière partie, mais il est bien interprété et divertissant.
Combien de temps dure Le Juge ?
Le Juge dure 141 minutes, soit deux heures et vingt et une minutes.
Qui interprète le juge ?
Robert Duvall incarne Joseph Palmer, le juge accusé de meurtre et père du protagoniste.
Le Juge est-il un film de procès ?
Il possède une intrigue judiciaire importante, mais fonctionne surtout comme un drame familial sur la relation entre un père et son fils.
Qu’est-ce qui fonctionne le mieux dans Le Juge ?
Robert Duvall, son duel d’acteurs avec Robert Downey Jr. et la façon dont le film développe la relation compliquée entre leurs personnages.
Cette critique du Juge contient-elle des spoilers ?
Elle ne révèle ni l’issue du procès ni le dénouement de l’histoire. Elle mentionne deux scènes précises, mais sans en expliquer les conséquences.

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